Moins connu que ses voisins dolomitiques, le Passo Manghen n’en est pas moins l’un des cols les plus exigeants du Trentin : 22,9 km d’ascension à travers la chaîne sauvage du Lagorai, sans remontées mécaniques ni terrasses de restaurant au sommet, pour rejoindre le point culminant à 2047 m entre la Val di Fiemme et la Valsugana.
Un col sauvage entre deux vallées
Depuis Borgo Valsugana, la route grimpe sur 22,9 km pour 1656 m de dénivelé, à une moyenne de 7,2 % qui masque une réalité plus contrastée : après une mise en jambes tranquille jusqu’à Telve, la pente devient irrégulière, alternant sections à 3 % et rampes à 10 %, avant les sept derniers kilomètres le long du Val Calamento, les plus durs de l’ascension, avec des passages entre 10 et 15 %, notamment autour des kilomètres 20 et 22.
Contrairement aux cols voisins de la Sella Ronda (Pordoi, Sella, Gardena), gravis par des flots de cyclistes et de motards en été, le Manghen traverse la chaîne du Lagorai, un massif resté sauvage, sans stations ni grands axes touristiques — seulement la route, la forêt et, par endroits, des vestiges de tranchées de la Première Guerre mondiale.
Une habituée discrète du Giro d’Italia
Le Giro d’Italia a découvert le Manghen en 1976 et l’a emprunté à six reprises depuis, la dernière fois en 2019 lors d’une étape partie de Feltre. Cette année-là, l’ascension a hérité du titre de Cima Coppi — récompensant le plus haut point franchi dans l’édition — après l’annulation du passage prévu par le Passo di Gavia à cause du mauvais temps ; c’est Fausto Masnada qui en a remporté le prix au sommet.
Comment aborder la sortie
La régularité trompeuse du pourcentage moyen impose de garder des ressources pour les rampes du Val Calamento en fin de parcours. Un compact ou triple plateau est vivement recommandé, tout comme des réserves suffisantes en eau et en nourriture : les possibilités de ravitaillement se raréfient après Telve, sur une route globalement peu fréquentée.
Quand y grimper
De juin à septembre, l’altitude du sommet (2047 m) retardant souvent l’ouverture complète de la route jusqu’en fin de printemps selon l’enneigement. Juillet et août offrent les conditions les plus sûres, la fréquentation restant de toute façon nettement plus faible que sur les grands cols dolomitiques voisins.
Bon à savoir
Borgo Valsugana, petite ville commerçante au pied du col, dispose d’un choix d’hébergements correct et d’un accès pratique à la Val di Fiemme par le versant nord, pour combiner cette ascension avec d’autres classiques du Trentin comme le Passo Rolle ou le Passo San Pellegrino.
